la pétanque - à l'ombre des platanes

Le sud, détente, vacances, cigales et la nostalgie de cette Provence qui joue aux boules à l'ombre des platanes.
Les jeux de boules comptent parmi les fondamentaux de l'art de vivre provençal.
Tout commença avec le jeu provençal, aujourd'hui appelé également la longue dont la naissance remonte au XIXème siècle. Issue de la boule lyonnaise, le jeu provençal est très prisé par les provençaux. Mais en 1910, à La Ciotat, un champion de jeu provençal atteint par des rhumatismes, ne pouvait plus jouer à son jeu favori. Il décida donc de jouer en restant les pieds tanqués, c'est à dire les pieds joints dans un cercle pré-dessiné sur le sol.
La pétanque était née et c'est ce jeu là que Marcel Pagnol décrit dans ses souvenirs d'enfance Le Temps des amours et qui fut intégré dans le film Le Château de ma mère.
La règle de la pétanque est assez simple : deux joueurs, ou deux équipes s'affrontent. Chaque joueur possède 3 boules. Le but du jeu est d'approcher sa boule le plus près possible du cochonnet, petite boule en bois lancé au début de chaque manche, dans une distance de 6 m à 10 m. La première équipe atteignant les 13 points est déclarée vainqueur.
Le "Mondial La Marseillaise à Pétanque" crée par Paul Ricard est, à ce jour, le plus grand tournoi international de pétanque du monde et regroupe annuellement plus de 10 000 joueurs de tous niveaux.
Avec le temps quelques expressions sont venues agrémenter cet art de vivre provençal: lorsque l'on joue à la pétanque, le dilemme éternel est de savoir si l'on pointe ou si l'on tire pour enlever la boule de l'adversaire : "Eh, tu la tires ou tu la pointes ?" Cette expression est devenue célèbre et chaque plaisancier la prononce au minimum une fois par partie !
Une des traditions liée à cette passion, est d’embrasser Fanny lorsqu’une équipe ne marque pas un seul point dans une partie, perdant de fait 13 à 0. La légende raconte qu’avant la première guerre mondiale une serveuse de café, prénommée Fanny, offrait une récompense au malheureux qui ne parvenait pas à marquer le moindre point. Pour ce faire, elle autorisait un baiser sur la joue.
Un jour, le vaincu, qui était le Maire du village, s’approcha de Fanny pour obtenir sa récompense. Mais cette fois-ci, la serveuse, qui devait tenir une rancune envers ce dernier, au lieu de lui tendre sa joue, grimpa sur une chaise, leva sa jupe et lui tendit ses fesses. Le Maire ne se démonta pas, et embrassa les fesses de Fanny. Ce fut le début d’une longue tradition !
Depuis c’est la chose la plus honteuse dans la vie d'un bouliste, mais c’est surtout une franche rigolade pour les spectateurs: en effet, partout ou l’on joue aux boules une place d’honneur est réservée à une Fanny postiche, conservée avec ferveur. Les perdants sont alors dans l’obligation de venir à genoux embrasser les fesses toujours rebondies d’une Fanny représentée sous forme de tableau, de sculpture ou encore de poterie.
Embrasser Fanny, restera en Provence à jamais l'image effrayante de la défaite lamentable, une humiliation totale, une défaite sans pareil. Inutile de mentionner, que les malheureux perdants se doivent également d'offrir leur tournée de pastis faisant partie intégrale du rite.

PAUL RICARD
MARCEL PAGNOL

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