le parfum - élixir divin aux vertus mystérieuses

Extrait d’acte du parlement anglais de 1170:

« Toute femme de tout âge, de tout rang, de toute profession ou condition, vierge, fille ou veuve qui, à dater dudit acte, trompera, séduira ou entraînera au mariage des sujets de sa Majesté à l’aide de parfums, encourra les peines établies par la loi actuellement en vigueur contre la sorcellerie et autres manœuvres et le mariage sera déclaré nul et de nul effet. »

L’odorat touche à la zone du cerveau qui produit les sentiments. Les senteurs sont capables de diriger nos émotions et de déclencher en nous des sensations de bonheur, de peine ou de crainte. Les parfums sont capables d’influencer nos achats ou de provoquer la faim. Le choix d’un compagnon est d’ailleurs très influencé par l’odeur qu’il dégage et de la même façon l’odorat joue un rôle majeur dans la perception du gout.
Les parfums ont fascinés les hommes à travers les siècles. Objet de séduction et privilège luxueux des rois et des reines à ses débuts, le parfum a laissé son empreinte dans l‘histoire.
Ce fameux élixir aux vertus mystérieuses prend naissance dans l’Antiquité, où Egyptiens et Grecs brûlent des essences aromatiques en l’honneur des divinités. Le mot parfum vient d’ailleurs de là (per fumum : par la fumée).
Progressivement il s’introduit à la beauté et la cosmétique grâce à Cléopâtre qui l’utilise en baumes ou en bains parfumés.
A partir du moyenne âge le parfum se développe grâce au commerce des matières premières venues d’Orient, notamment les épices. L’Eau de la Reine de Hongrie, premier grand parfum alcoolique, à base de romarin apparaît en 1370.
Les reines et courtisanes se passionnent pour le parfum qui se répand en France grâce à Catherine de Médicis et les premiers centres de parfumerie s’installent à Grasse, devenu depuis capitale mondiale de la parfumerie.
Jusqu’à lors la spécialité de la ville de Grasse est le tannage du cuir. Les cuirs de Grasse ont une grande réputation, mais fraîchement tanné, le cuir dégage des odeurs désagréables et les clients commencent à s’en plaindre. L’idée ingénieuse de le parfumer va changer la destinée du pays grassois.
Aidé par un microclimat exceptionnel et un terroir particulièrement propice à la culture de plantes aromatiques, Grasse, capitale de la Provence orientale, développe à grand pas leur culture: rose, jasmin, tubéreuse, violette, mimosa, fleur d’oranger, lavande et nombreux d’autres.
Aujourd’hui encore, la parfumerie demeure le principal pôle industriel de Grasse. Un réseau d’une soixantaine d’entreprises y emploient 3 500 personnes dans la ville et les environs et nombreux sont les acteurs de la profession donnant accès au public à leurs jardins paradisiaques, usines ou musées, pour lever le voile couvrant cet élixir plein de mystère et riche en histoire.
Afin de protéger son savoir-faire et ses traditions, Grasse vise actuellement le référencement au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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